On sait que préparer sa retraite est un vrai casse-tête, surtout pour les assistantes maternelles. Avec la nouvelle réforme, beaucoup de choses ont changé et on nous pose souvent des questions sur le sujet. On va être direct avec vous : l’âge de départ est repoussé et les conditions sont un peu plus strictes. Mais une nouvelle indemnité de départ change la donne. On vous explique tout ce qu’il faut savoir pour votre retraite en 2026.
Réforme retraite des assistantes maternelles : l’essentiel à connaître 📋
- Âge de départ légal : il est maintenant fixé à 64 ans pour toutes les personnes nées après 1968.
- Taux plein requis : il vous faut 172 trimestres cotisés (soit 43 ans de travail) pour éviter une décote.
- Nouvelle indemnité de départ : un droit accessible dès 10 ans d’ancienneté dans la branche.
- Pension moyenne : attendez-vous à un montant total entre 750€ et 1000€ par mois (retraite de base + complémentaire).
- Démarches à anticiper : votre dossier doit être déposé 4 à 6 mois avant votre date de départ souhaitée.
Comment fonctionne le système de retraite des assistantes maternelles ?
Pour faire simple, votre future pension de retraite se compose de deux parties distinctes, gérées par deux organismes différents. C’est important de comprendre cette distinction car les règles de calcul et les démarches ne sont pas les mêmes.
Voici comment ça se décompose :
- La retraite de base : Elle est gérée par l’Assurance Retraite (aussi appelée CNAV ou CARSAT selon votre région). C’est le régime général de la Sécurité Sociale, commun à la majorité des salariés en France.
- La retraite complémentaire : Elle est gérée par l’IRCEM, la caisse de retraite spécifique aux salariés du particulier employeur. Ce régime fonctionne avec un système de points (Agirc-Arrco) que vous accumulez tout au long de votre carrière.
Ne vous concentrez pas uniquement sur votre retraite de base. La complémentaire représente une part non négligeable de votre pension finale. Pensez à vérifier régulièrement votre nombre de points sur votre espace personnel IRCEM.
On nous demande parfois ce qu’il en est pour les assistantes maternelles employées par des crèches familiales. Dans ce cas précis, votre retraite complémentaire ne dépend pas de l’IRCEM mais de l’IRCANTEC. Les règles sont un peu différentes, il faut donc vous renseigner directement auprès de cet organisme.
Âge de départ et trimestres : quelles sont les conditions ?
Pour prendre votre retraite, vous devez remplir deux conditions principales : atteindre un certain âge et avoir cotisé un nombre suffisant de trimestres. La réforme a modifié ces deux critères.
L’âge légal de départ à la retraite
L’âge légal pour pouvoir demander sa retraite est désormais de 64 ans pour toutes les assistantes maternelles nées à partir de 1968. Attention, il s’agit de l’âge minimum pour partir. Vous pouvez tout à fait décider de continuer votre activité professionnelle si vous le souhaitez, jusqu’à 70 ans maximum.
Le nombre de trimestres pour un taux plein
Atteindre l’âge légal ne suffit pas pour toucher une pension complète. Pour obtenir le « taux plein », c’est-à-dire une pension sans minoration, vous devez avoir validé 172 trimestres, soit 43 années de travail. Si vous partez à 64 ans sans ce nombre de trimestres, le montant de votre pension de base sera réduit (on parle de « décote »).
Pour valider un trimestre, il ne suffit pas de travailler trois mois. La validation se fait sur la base de votre salaire brut soumis à cotisations. En général, il faut avoir gagné l’équivalent de 150 fois le SMIC horaire brut pour valider un trimestre.
Tous les trimestres ne sont pas des trimestres « cotisés ». Certains sont des trimestres « assimilés » et comptent aussi pour votre retraite. On retrouve notamment :
- Les périodes de chômage indemnisé
- Les arrêts pour maladie ou maternité
- Les trimestres supplémentaires pour chaque enfant élevé (jusqu’à 8 par enfant)
Ces trimestres sont précieux pour atteindre les 172 trimestres requis.
Enfin, n’oubliez pas de prévenir vos employeurs de votre départ. Vous devez respecter un préavis : 15 jours si vous avez moins d’un an d’ancienneté, et 1 mois pour une ancienneté supérieure.
Calcul de la pension : à quel montant s’attendre ?
Le calcul du montant de votre retraite est complexe car il combine deux méthodes différentes, une pour la base et une pour la complémentaire. On vous explique l’essentiel.
Pour la retraite de base (CNAV), le montant est calculé sur la moyenne de vos 25 meilleures années de salaires. L’Assurance Retraite prend en compte les salaires bruts que vous avez déclarés tout au long de votre carrière, revalorise les plus anciens, et fait la moyenne des 25 plus élevés. C’est pourquoi les dernières années d’activité sont souvent importantes.
Pour la retraite complémentaire (IRCEM), le système est différent. Toutes vos cotisations sont transformées en points Agirc-Arrco. Au moment de votre départ, le nombre total de points que vous avez accumulés est multiplié par la valeur du point en vigueur cette année-là. Plus vous avez de points, plus votre pension complémentaire sera élevée.
| Élément | Retraite de base (CNAV/CARSAT) | Retraite complémentaire (IRCEM) |
|---|---|---|
| Base de calcul | Moyenne des 25 meilleures années de salaire | Total des points acquis durant la carrière |
| Validation des droits | 1 trimestre pour 150x le SMIC horaire brut | Cotisations transformées en points |
| Montant moyen mensuel | Environ 600€ – 800€ | Environ 150€ – 200€ |
En additionnant les deux, la pension totale moyenne pour une assistante maternelle se situe généralement entre 750€ et 1000€ par mois. Ce montant peut varier fortement selon la durée de votre carrière et les salaires que vous avez perçus.
L’indemnité de départ volontaire : un nouveau droit essentiel
C’est la grande nouveauté issue de la convention collective nationale : la création d’une indemnité de départ volontaire à la retraite. Ce droit est en vigueur depuis le 1er janvier 2023. Il s’agit d’une somme versée en une seule fois au moment de votre départ, pour récompenser votre longue carrière.
Pour y avoir droit, vous devez remplir deux conditions en même temps :
- Avoir au moins 10 ans d’ancienneté (continue ou non) dans la branche des particuliers employeurs.
- Avoir travaillé au moins 5 ans (continu ou non) dans cette branche durant les 7 dernières années avant votre départ.
Cette indemnité n’est versée que pour un départ volontaire à la retraite. Si votre contrat de travail s’arrête suite au retrait de l’enfant par les parents, même si vous partez à la retraite juste après, vous n’êtes pas éligible. C’est bien votre décision de partir qui doit mettre fin au contrat.
Le montant de cette indemnité dépend de votre ancienneté totale dans le métier. On a synthétisé le barème pour vous :
| Ancienneté dans la branche | Montant de l’indemnité |
|---|---|
| 10 à 15 ans | 1 mois de salaire brut moyen |
| 15 à 20 ans | 1,5 mois de salaire brut moyen |
| 20 à 30 ans | 2 mois de salaire brut moyen |
| Plus de 30 ans | 2,5 mois de salaire brut moyen |
La demande pour cette indemnité doit être faite directement auprès de l’IRCEM Prévoyance. Vous pouvez télécharger le formulaire nécessaire sur leur site. Pour obtenir toutes les informations sur votre retraite complémentaire et cette indemnité, on vous conseille de consulter le site officiel de l’IRCEM.
Les démarches pratiques pour préparer et demander sa retraite
Une retraite, ça s’anticipe. On ne se réveille pas à 64 ans en décidant de tout arrêter le lendemain. Voici les étapes clés qu’on recommande de suivre pour que tout se passe sans stress.
- Étape 1 : Vérifier votre carrière (dès 55 ans). Connectez-vous à votre espace personnel sur le site de l’Assurance Retraite pour consulter votre relevé de carrière. Vérifiez que toutes vos périodes de travail et tous vos employeurs y figurent. C’est le moment de corriger les éventuels oublis.
- Étape 2 : Déposer votre demande (4 à 6 mois avant la date de départ). C’est le délai recommandé. La demande unique de retraite se fait en ligne. Elle déclenche à la fois le calcul de votre retraite de base (CNAV) et de votre complémentaire (IRCEM).
- Étape 3 : Informer tous vos employeurs. Vous devez envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à chaque famille qui vous emploie, en respectant le préavis légal (15 jours ou 1 mois).
- Étape 4 : Demander votre indemnité de départ. Une fois votre départ effectif, remplissez et envoyez le formulaire à l’IRCEM Prévoyance. Vous avez 6 mois après votre date de départ pour faire cette démarche.
Si vous constatez qu’il vous manque quelques trimestres pour atteindre le taux plein, il est possible d’en racheter jusqu’à 12. Cela peut concerner des années d’études supérieures ou des années incomplètes. C’est une opération coûteuse, mais qui peut être rentable pour éviter une décote à vie. Vous pouvez faire des simulations sur le site de l’Assurance Retraite.
Cumul emploi-retraite : peut-on continuer à travailler ?
La réponse est oui, il est tout à fait possible de cumuler votre pension de retraite avec un revenu d’activité. C’est ce qu’on appelle le cumul emploi-retraite. Vous pouvez continuer à garder des enfants après avoir liquidé vos droits à la retraite.
La réforme de 2023 a même apporté une amélioration importante. Avant, le travail effectué en étant à la retraite ne donnait droit à aucun point supplémentaire. Désormais, les cotisations versées dans le cadre du cumul emploi-retraite vous permettent de générer de nouveaux droits pour votre retraite complémentaire. Cela peut vous permettre d’obtenir une seconde petite pension de la part de l’IRCEM.
La seule obligation est d’informer votre CARSAT de la reprise ou de la poursuite de votre activité une fois que vous touchez votre pension.




